Le Conseil de la paix de Donald Trump : une tentative de nouvel ordre mondial aux allures de club élitiste
Par Jade Valentin
Illustration ©Madeleine Gerber
Publié le 6 mars 2026
Le Forum Économique Mondial, également connu sous le nom de Forum de Davos, s’est tenu du 19 au 23 Janvier 2026. Pour cette édition, plus de 60 chef·fes d’état se sont réuni·es. Profitant de ce sommet, Le président Donald Trump a tenu un discours pour l’inauguration de son Conseil de la paix, avec les dirigeant·es venu·es pour signer sa charte.
Le Conseil de la paix, un faux-semblant pour servir des fins intéressées ?
Le Conseil de la paix a initialement été créé dans le but de mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas, et de superviser la reconstruction. Or, dans la charte du Conseil, aucune mention de Gaza n’est faite, et un objectif plus vaste est mis en avant : « promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits ».
Une initiative ironique après l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien, Nicolás Maduro, par les États-Unis et ses nombreuses menaces vis-à-vis du Groenland. Entre autres, le Président américain, Donal Trump, a également annoncé au Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre : « Puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à plus de huit guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix ». Un prix Nobel qui lui a finalement été offert par la lauréate, Maria Corina Machado.
Une organisation qui défie l’ordre mondial et l’égalité des pays sur la scène internationale
Le Conseil de la paix est une organisation qui entre en concurrence directe avec l’ONU, une institution que le président Trump critique de manière à peine voilée dans le préambule de la charte. Il y énonce qu’il faut avoir « le courage de s’écarter des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué » et qu’il est nécessaire d’avoir « un organisme international de consolidation de la paix plus agile et plus efficace ».
À la tête de ce conseil, Donald J. Trump, président des États-Unis est déclaré « premier président du Conseil de la paix » et « premier représentant des États-Unis d’Amérique ».
Cependant, d’après l’article 3.3, une fois son mandat présidentiel terminé, Donald Trump continuera de présider le Conseil jusqu’à sa démission ou suite à un vote unanime du comité exécutif. Cet article est contradictoire car il est imposé dans la charte que chaque État membre soit représenté au Conseil de la paix « par son chef d’État ou de gouvernement ». En outre, l’article 7 met en avant le rôle décisif du président du Conseil car il « est l’autorité finale en ce qui concerne la signification, l’interprétation et l’application de la présente charte ». Le président est alors à la fois juge et bourreau, il n’y a pas de séparation des pouvoirs.
Autre point clé de la charte de ce Conseil : « La composition du Conseil de la paix est limitée aux États invités à y participer par le président ». Des États invités qui peuvent devenir membre pendant 3 ans grâce à un mandat renouvelable par le président. Cependant, s’ils souhaitent siéger de manière permanente, ils doivent s’acquitter d’une adhésion de la valeur d’un milliard de dollars « en espèces au Conseil de la paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte ». Une somme conséquente, alors que la résolution de conflits devrait être une ambition commune, durable et accessible.
Des participations controversées
Dix-neuf pays ont participé à la cérémonie de signature sans compter les États-Unis, et parmi les états qui ont accepté, on retrouve Israël, le Maroc, la Biélorussie ou encore la Hongrie.
Or ce Conseil de la paix a provoqué de nombreuses critiques et certains pays invités ont refusé d’y participer. On peut ainsi citer la France, l’Espagne, la Slovénie et le Royaume-Uni. Le Canada s’est, lui, vu retirer son invitation. L’Italie a, quant à elle, refusé en raison de sa Constitution. En effet, l’article 11 de celle-ci ne permet pas à l’Italie de participer à une organisation dirigée par un seul pays : « L’Italie répudie la guerre […] comme mode de solution des conflits internationaux ; elle consent, dans des conditions de réciprocité avec les autres États, aux limitations de souveraineté nécessaires à un ordre qui assure la paix et la justice entre les Nations ; elle aide et favorise les organisations internationales poursuivant ce but ».
Conclusion
Le Conseil de la paix initié par Donald Trump se veut être une alternative à l’ONU, mais semble être un faux-semblant ayant un but d’hégémonie économique au profit du président Trump et de sa communauté partisane.
Bibilographie
« Conseil de la paix : quatre questions sur cette organisation créée par Donald Trump, en concurrence à l’ONU », Le Monde, 21 Janvier 2026. www.lemonde.fr/international/article/2026/01/21/quatre–questions–sur–le–conseil–dela–paix–voulu–par–donald–trump–en–concurrence–a–l–onu_6663491_3210.html.
Hayat Gazzane, « Un président tout-puissant et un ticket d’entrée à 1 milliard : 5 choses à savoir sur le “Conseil de paix” de Trump », Les Échos, 22 Janvier 2026. www.lesechos.fr/monde/etats–unis/un–president–tout–puissant–et–un–ticket–dentree–a1–milliard–5–choses–a–savoir–sur–le–conseil–de–paix–de–trump–2211259.
Malik Matheo, « Le texte intégral de la charte du “Conseil de la paix” de Trump », Le Grand Continent, 20 Janvier 2026. https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/20/charte-duconseil-de-la-paix-de-trump-texte-integral/.
« Qu’est-ce que le conseil de paix de Trump et qui a rejoint cet organisme que certains pensent vouloir remplacer l’ONU ? », BBC News Afrique, 31 Janvier 2026. www.bbc.com/afrique/articles/ckgvv7vd74lo.
Sheppard Sellam Élizabeth, « Le “Conseil de la paix” de Donald Trump, une diplomatie de façade et une remise en cause de l’ordre international » SudOuest.fr, 26 Janvier 2026. www.sudouest.fr/international/etats-unis/donald-trump/leconseil-de-la-paix-de-donald-trump-une-diplomatie-de-facade-et-une-remise-encause-de-l-ordre-international-27545820.php.
V.G., « “Conseil de la paix” de Donald Trump : quels pays en font partie ? », TF1 Info, 20 Janvier 2026. www.tf1info.fr/international/conseil-de-la-paix-dedonald-trump-qui-a-repondu-quoi-2419802.html.
