Minotaure : une dénonciation de la Russie de Poutine qui s’enlise à l’image du conflit

Par Madeleine Gerber
Publié le 22 octobre 2026

Je garde de Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev, un souvenir cannois pour le moins mitigé, partagé entre l’ennui et le besoin d’aller aux toilettes.

C’est dire le côté passionnant de son intrigue, dont le pitch avait pourtant éveillé mon intérêt. Pour citer AlloCiné : « Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence ». Il s’agit d’une nouvelle version de La Femme infidèle (1969) de Claude Chabrol. Cependant, au vu du peu d’enthousiasme que ce produit dérivé a suscité en moi, je n’ai que peu envie de rattraper sa source d’inspiration. Peut-être un jour, pour la science ?

C’est un 10 mais il ne sait ni mettre des assiettes dans le lave-vaisselle, ni nettoyer correctement une scène de crime.

Gleb, c’est ce mec moyen qui se fait rouler dessus par la vie, son travail et la politique, mais passe pour un être extraordinaire parce qu’il met des chemises de son plein gré.

Or, dans mes vagues souvenirs du long-métrage, cela n’empêche pas sa femme de se faire poliment chier dans son couple, au point d’aller voir ailleurs ; dans son cas, un artiste qui est sûrement plus fun et inventif que Gleb.

Le contexte de la guerre en Ukraine était quand même passionnant. Dommage. Malheureusement, un couple de quarantenaire qui bat de l’aile on en a déjà beaucoup vu. Peut-être pas russe c’est vrai ; cela reste quand même peu digne d’intérêt pour les jeunes générations.

Plus intéressantes que le fil rouge principal, les histoires parallèles nous aident à rester assis·e sagement dans la salle. Elles nous font découvrir la sélection de tributs/salariés à envoyer à l’armée (qui ne sera jamais vraiment approfondie) et la réunion de ce groupe d’ami·es étrange, à l’image des relations entre les trois femmes qui ne semblent pas si « besties » que ça.

Que retenir donc, si ce n’est de fuir ce film germano-franco-letton autoproclamé policier dans les salles françaises depuis le 14 octobre 2026.

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