Ciné série
Ça crève l'écran
Melania Trump, un documentaire politique
Le film documentaire Melania, diffusé sur Amazon et vivement critiqué, suit la première dame Melania Trump durant 20 jours, pendant la campagne de 2024 jusqu’à l’investiture de son mari, en début de l’année 2025. Réalisé par Brett Ratner, accusé de violences sexuelles depuis 2017, ce projet a nécessité un budget considérable de 40 millions de dollars de réalisation et 35 millions de communication, principalement financé par Jeff Bezos, patron d’Amazon. Contre toute attente, la célébration de la sortie du film a été maintenue malgré la mort d’Alex Pretti, tué par l’ICE, seulement quelques heures auparavant.
Plus qu'un écran
Le jury des César 2025 a décerné à Julia Roberts le César d’honneur pour son parcours remarquable et son impact sur le monde du cinéma depuis les années 80.
Parallèlement, le film Emilia Pérez a reçu le César du meilleur film, une victoire qui
suscite néanmoins des débats. Ce long-métrage, qui aborde des thématiques
sensibles et met en scène des personnages controversés, a provoqué des réactions
variées parmi les critiques. Si certain·es saluent audace et originalité, d’autres
soulignent des choix narratifs jugés problématiques. Cette situation relance le débat sur la responsabilité des créateur·ices vis-à-vis des enjeux socioculturels dans l’industrie
cinématographique.
Trahison
Résurrection, c’est le nouveau film du réalisateur chinois Bi Gan qui a retourné la croisette en mai dernier et qui se trouve sur nos écrans depuis le 10 décembre. Entre onirisme et hommage au cinéma, il aura décroché le prix spécial du jury cannois, au grand dam de notre chroniqueuse (moi, vu que j’écris aussi le chapô).
Coup dur
Point positif : Alpha parle d’une jeune fille et pas de mascu. Point négatif : c’est pas très bien. Dans une dystopie pas si éloignée de notre réalité (il y a encore des cours de piscine au collège), une épidémie transforme les contaminé·es en sculpture de marbre. Ce FX et l’affiche rouge du film sont les plus grandes réussites du long-métrage de Julia Ducournau. Celle qui avait gagné la palme d’or avec l’excellent Titane en 2021, et mon cœur avec son premier film Grave (2016), repart bredouille (et à raison) de la compétition cannoise cette année.
Pépite
Découvert à la quinzaine des cinéastes de Cannes 2025, je suis tombée en amour du film, et de sa réalisatrice, Eva Victor. « Brillant » est un adjectif qui qualifierait parfaitement son travail. Des dialogues, jusque dans la mise en scène, tout jouit d’un éclat particulier. Sorry, Baby c’est le renouvellement des poncifs sur le traumatisme, la difficulté d’une résilience, mais aussi les interstices qui laissent passer la lumière.
Flop
C’est la comédie (dramatique, apparemment) du temps des cerises. Les jeunes laissent tomber les écrans pour redécouvrir leur arbre généalogique à la suite d’un héritage qui se transforme en enquête. Aller-retour entre passé et présent, porosité entre les époques et les corps en pleine puberté. On pourrait parler de déception, si encore, l’on s’attendait à quelque chose en entrant dans la salle. Madeleine, envoyée spéciale à Cannes, vous parle du nouveau film de Cédric Klapisch, qui en est à sa 5e semaine dans les cinémas de l’hexagone.
